"N'a de convictions que celui qui n'a rien approfondi" Cioran
LIBAN : demain, le chaos ?
La France, cet inestimable pivot dans les crises libanaises, vient encore de tenter de peser de tout son poids pour parvenir à trouver une solution à la course contre le temps qui se joue à Beyrouth. Le président Lahoud, un prosyrien, ne le sera plus le 24 novembre, dernier délai pour élire un président de consensus – un maronite devant être élu au 2/3 du parlement : le 21, après plusieurs reports, sera la dernière date possible avant expiration.
Que se passera-t-il ensuite ?
Aujourd’hui, une seule personnalité fait l’unanimité chez les maronites : le très sage et respecté Cardinal Sfeir. Tout le monde (même Kouchner) lui a demandé de choisir à la place des élus en dressant une liste « officieuse » de présidentiables potables : une façon de se défausser sur lui.
Mgr Sfeir, n’étant pas dupe, a refusé, d’autant plus que par le passé ce genre de procédé s’est soldé par un échec. Il a raison.
Le grand homme est trop précieux pour qu’on l’use dans ce genre de tractations politiques. Après le 24, ses arbitrages pourront se révéler autrement déterminants.
Après le 24… Que se passera-t-il après le 24 ?
Si un président n’est pas élu au consensus, la majorité anti-syrienne a choisit d’élire dans les jours suivants un président à majorité simple.
Un procédé nécessaire selon eux, mais anticonstitutionnel selon l’opposition ; et Nasrallah, non avare de menace, veille à la tête de la plus puissante armée du Liban : le Hezbollah.
La Guerre civile ? Pas encore. Mais l’escalade vers un pays scindé en deux, une communauté maronite schizophrène, un match chiite-sunnite faisant parfois étrangement écho à la crise irakienne sont possible, d’autant plus que la menace d’un gouvernement rival si un tel président est élu est sur la table.
Reste, pourquoi pas, l’entrée en scène de l’entité terroriste… Car, si le Liban n’a pas de Waziristân, il en a eu, l’espace de quelques mois, la version immature et miniature avec la bataille de Nahr el Bared.