"N'a de convictions que celui qui n'a rien approfondi" Cioran
Sarko/Merkel : L’argent ou les principes ?

Angela Merkel a fait une partie de sa popularité Outre-Rhin sur sa politique étrangère, s’évertuant à distiller par déclarations ou coups médiatiques épisodiques sa conception toute protestante ( = austère et droite) des droits de l’Homme ; rompant notamment avec les amitiés coupables de Schröder, son prédécesseur, sans pour autant infléchir la ligne politique de son pays à l’étranger.
Lorsque Sarkozy refuse de recevoir le Dalaï-lama et cautionne, au nom de la France, l’expansionnisme chinois en appuyant le caractère indiscutable d’une Chine englobant Tibet la martyre (et la séparatiste Taïwan), Merkel reçoit le Damaï-Lama. Résultat : son pays voit ses rapports avec l’usine du monde restreint alors que la France vend pour 20 milliards d’euros de contrats (d’armements entre autres).
De la même façon, lorsque Nicolas félicite Vladimir qui vient d’être fraîchement réélu, Angela frappe un grand coup en estimant que les « élections n’étaient ni libres, ni équitables, ni démocratiques », allant jusqu’à demander par ministres interposés que Vladimir s’abstienne de tailler les instituions à sa mesure et respecte la constitution russe. Angela, pas en reste, avait d’ailleurs par le passé sévèrement critiqué Vladimir sur l’affaire tchétchène.
De même pour Bush, à qui Merkel a demandé de fermer Guantanamo. Ou pour Mugabe, qualifié de « nuisible à l’image de la nouvelle Afrique ».
Pourquoi cette différence de posture entre Merkel et Sarkozy ? Est-ce la bonne situation économique de l’Allemagne (un excédent de 2,5 milliards de dollars) qui permet à Merkel de ne pas se borner à être l’attaché caisse complaisant des entreprises de son pays dans le reste du Monde alors que Sarkozy (président, lui, d’un pays officiellement en faillite) joue les VRP de luxe?
Reste le fait que ce n’est pas en se partageant les rôles – l’un le réalisme opportuniste, l’autre les valeurs et autres principes nobles et désintéressés – que le couple européen parviendra à parler d’une seule voix.
Espérons seulement, qu’en dépit de l’alignement allemand sur la position française (et américaine) sur la question iranienne, Merkel parviendra au contraire à tirer notre président de temps en temps vers le haut.