"N'a de convictions que celui qui n'a rien approfondi" Cioran
Sarkozy torpille l’exception diplomatique française
Il ne resterait qu’une seule chose des dix ans de chiraquisme apathique, nous disait –on souvent : son opposition farouche à la guerre en Irak, qui a consacré en quelques sortes la politique étrangère française, cette grande idée de la France dans le Monde aux tonalités gauliennes qui a fait d’un pays un acteur à part dans les affaires internationales.
En se vautrant dans le feu de son rêve américain lors de sa déclaration d’amour aux Etats-Unis d’Amérique, le 6 novembre devant le congrès, notre nouveau président a brûlé les ailes de la diplomatie française : sa façon si tranchée de faire comme si il n’y avait pas eu l’Irak (il n’en a pas dit un mot alors que l’Irak était le nœud des différents franco-américains) tout en appuyant de tout son petit corps la lutte anti-terroriste engagée par les Etats-Unis (cette lutte n’a-t-elle pas la guerre en Irak comme élément principal), sa façon si déroutante de comparer les morts d’aujourd’hui et d’hier et notre reconnaissance pour eux (eh oui ! il faut que nous soyons d’après lui reconnaissants dans une même mesure envers les soldats morts en Irak et sur Oklahoma Beach… Les morts en Irak nous libéreraient peut-être en ce moment même d’un occupant invisible – allez savoir !) : son entreprise de repositionnement envers l’Amérique se sera donc fait en occultant la réalité (qui fâche toujours, mais pas pour notre président), en amalgamant l’Histoire avec l’erreur, et en détruisant du même coup l’esprit critique français sur l’autel de l’émotion hollywoodienne et le redevable éternel. On aurait presque l’impression qu’une sorte de repentance est à l’œuvre dans le cas du clash irakien – une repentance qui pourtant lui fait habituellement horreur…
On est donc en droit de se demander si, lui, il aurait esquivé le désastre irakien, s’il s’était trouvé à la place de Chirac cela fait quelques années… Ou si, comme son ami Tony Blair, il aurait fait la grande erreur de ces dernières années en entrant dans le jeu des terroristes pour leur donner un champ de bataille de plus.
Surtout lorsqu’on se rend compte avec quelle véhémence et inconscience se il se substitue aux experts de l’AIEA pour affirmer, de concert avec son nouvel ami et selon ses propres termes « chef du monde occidental », sa conviction que l'Iran est en train de se doter de l’arme nucléaire…
L’Histoire bégaie, parfois, se rejoue – rarement…
Mais ne se trompe jamais !
P.S : Alors… que reste-t-il de Chirac, maintenant ? Euh… le quai Branly ? hihi