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AGENDA

AVRIL 2008

2 avril:
Philadelphie - discours de Barack Obama devant la puissante confédération AFL-CIO

2-3 avril:
Sommet de l'OTAN à Budapest, Roumanie, consacré notamment à l'Afghanistan, au Kosovo, aux relations avec la Russie, le projet américain de système anti-missile

3 avril:
La Haye - verdict du TPIY dans le procès de l'ancien 1er ministre kosovar Ramush Haradinaj et de 2 anciens combattants de l'UÇK pour crimes de guerre et contre l'humanité

4 avril:
40ème anniversaire de la mort de Martin Luther King
Zagreb: visite en Croatie du président américain George W. Bush (jusqu'au 5)

5 avril:
Saint-Pétersbourg: sommet de l'opposition russe en vue de se coaliser
Tokyo: réunion des ministres de l'Environnement du G8 (jusqu'au 6)

6 avril:
Londres: manifestations prévues à l'occasion du passage de la flamme olympique- Sotchi
Russie: George W. Bush et Vladimir Poutine discutent du projet américain de défense anti-missile


9 avril: Elections légilatives en Corée du Sud
Lancement
de Chandrayaan-1, 1ère sonde spatiale indienne, vers la Lune, depuis le centre spatial de Satish Dhawan, (nord de Madras)

13 avril: Elections municipales et communales du Bénin

13 et 14 avril: Elections générales en Italie (Berlusconi vs. Veltroni)

15-20 avril
:
Visite du pape Benoît XVI aux Etats-Unis, avec notamment un discours à la tribune des Nations unies et une visite de Ground Zero

20 avril: éléctions présidentielles et législatives au Paraguay
17 novembre 2007 6 17 /11 /novembre /2007 12:41

LIBAN : demain, le chaos ?

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La France, cet inestimable pivot dans les crises libanaises, vient encore de tenter de peser de tout son poids pour parvenir à trouver une solution à la course contre le temps qui se joue à Beyrouth. Le président Lahoud, un prosyrien, ne le sera plus le 24 novembre, dernier délai pour élire un président de consensus – un maronite devant être élu au 2/3 du parlement : le 21, après plusieurs reports, sera la dernière date possible avant expiration.

Que se passera-t-il ensuite ?

Aujourd’hui, une seule personnalité fait l’unanimité chez les maronites : le très sage et respecté Cardinal Sfeir. Tout le monde (même Kouchner) lui a demandé de choisir à la place des élus en dressant une liste « officieuse » de présidentiables potables : une façon de se défausser sur lui.

sfeir220.jpgMgr Sfeir, n’étant pas dupe, a refusé, d’autant plus que par le passé ce genre de procédé s’est soldé par un échec. Il a raison.

Le grand homme est trop précieux pour qu’on l’use dans ce genre de tractations politiques. Après le 24, ses arbitrages pourront se révéler autrement déterminants.

Après le 24… Que se passera-t-il après le 24 ?

Si un président n’est pas élu au consensus, la majorité anti-syrienne a choisit d’élire dans les jours suivants un président à majorité simple.

Un procédé nécessaire selon eux, mais anticonstitutionnel selon l’opposition ; et Nasrallah, non avare de menace, veille à la tête de la plus puissante armée du Liban : le Hezbollah.

La Guerre civile ? Pas encore. Mais l’escalade vers un pays scindé en deux, une communauté maronite schizophrène, un match chiite-sunnite faisant parfois étrangement écho à la crise irakienne sont possible, d’autant plus que la menace d’un gouvernement rival si un tel président est élu est sur la table.

Reste, pourquoi pas, l’entrée en scène de l’entité terroriste… Car, si le Liban n’a pas de Waziristân, il en a eu, l’espace de quelques mois, la version immature et miniature avec la bataille de Nahr el Bared.  

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16 novembre 2007 5 16 /11 /novembre /2007 22:08

Traité simplifié : L’EUROPE politique rétrécit au lavage

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Ce billet n’est (pour une fois hihi) pas une charge contre notre président. D’autant plus qu’il n’est pas à l’origine du désastre qu’avait occasionné la ratification ratée par référendum de la constitution européenne en 2005.  

Une constitution indispensable mais male charpentée, parce que faite d’un moule trop intangible pour rassurer : car si personne n’a au final réussi à revendiquer la victoire du non (ni les souverainistes, ni les gauchistes), c’est tout simplement parce que ce non était un quiproquo entre un peuple et ses élites, une expression du doute qui a été certes utilisé par les idéologies anti-européennes ou antilibérales, mais qui n’a pas été porté par elles.

blog-300505-petillon.jpgJ’ai voté "non". Alors que j’étais résolument pour. J’ai voté "non" parce que j’ai alors fait l’effort de lire la constitution sans pour autant accepter qu’on nous soumette cette bouillie indigeste en croyant que nous dirions "oui" sans comprendre.  On n’aurait d’ailleurs pas dû nous demander notre avis ; mais dès qu’on l’avait fait, il fallait jouer le jeu jusqu’au bout. Le référendum n’est pas un moyen de se défausser sur le peuple pour se déresponsabiliser soi-même : Chirac l’a fait, Sarkozy non. Bon point - dans l'absolu - pour Sarkozy.

Ce qui ne veut pas dire que je sois pour le Traité simplifié !

- premièrement, il est incongru qu’on ait choisit après coup de ne plus demander au peuple parce que son choix, une fois signifié, ne nous convenait pas. Le fait que Sarkozy ait pris ses responsabilités est peut-être une preuve de bon sens, mais elle est une erreur dans le contexte du "non" de 2005 : un nouveau référendum eut été – bien qu’un mauvais choix dans l’absolu -  une obligatoire preuve de respect envers le peuple ; une non-option, malheureusement, mais une exigence démocratique qui aurait lavé l'affront fait à l'Europe par la décision imbécile de faire un premier référendum.

- deuxièmement, qu’est-ce qui a changé avec ce traité ? Qu’est-ce qui fait que celui-ci est plus léger, plus light, plus facile à porter ? Etaient-ce le drapeau, l’hymne, les symboles identitaires de l’Europe qui avaient pesés si lourd en 2005? Pourquoi les avoir enlevés ? Qui diable s’en offusquait ? Dommage pour la symbolique, dommage pour les étoiles : les éléments les plus simples et les plus forts du traité ont été virés de bord, et on ne saura jamais vraiment pourquoi…

sarkozy-veut-remettre-a-plus-tard-le-grand-debat-sur-la-turquie-resize-crop320par220.jpgReste que, par ce procédé irrespectueux, inélégant, Sarkozy va remettre en route le chantier des institutions européennes qui sont à terme indispensables à une Europe politique.

Une Europe politique que je désire ardemment sans plus vraiment y croire : il est aujourd’hui devenu impossible de rafistoler un costume politique à une Europe qu’on a voulu faire avant tout économique ; ce qui a par exemple impliqué une expansion trop rapide du territoire UE au détriment de la charpente qui aujourd’hui craque, s’incommodant par exemple d’une Pologne frondeuse et atlantiste, et fonçant sans discernement vers ce qui pourrait la condamner à rester un entité strictement économique et douanière : l’intégration trop rapide de pays économiquement prêts mais aux valeurs (aujourd’hui) incompatibles comme la Turquie.

Je suis un souverainiste de l’Europe. Résolument. 

 

Selon un sondage CSA dans Le Parisien-Aujourd'hui en France, une majorité de Français souhaite que le texte soit adopté par ce biais. 61% des personnes interrogées se déclarent en effet en faveur de la ratification du nouveau traité européen par référendum, contre 31% par voie parlementaire.
Si ce référendum était organisé, 68% des votes exprimés iraient toutefois au oui, selon ce même sondage, et 32% au non. Mais il y aurait 52% d'abstentions, de votes blancs ou nuls. Le 29 mai 2005, lors du référendum français sur la constitution européenne, le non l'avait emporté par 54,67%. Il y avait eu 30,62% d'abstention et 2,52% de votes blancs ou nuls. 
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14 novembre 2007 3 14 /11 /novembre /2007 23:00


Pakistan : Envers et contre tous (sauf les Etats-Unis)

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Pervez Musharraf se fait un putsch à lui-même !  Si c’est vrai : il reprend le pouvoir (sur lui-même) en assignant ses opposants à résidence, en s’appropriant tous les pouvoirs grâce au bouton « état d’urgence » (celui à gauche du bouton « bombe H »), en censurant la presse et les télés, en faisant descendre son armée et ses policiers dans la rue, etc.

i793511105DaveBrown.jpgCet homme est le dictateur le plus heureux du monde : à chaque fois que sa meilleure ennemie, Benazir Bhutto, veut faire un meeting contre lui, il lui casse son effet en l’empêchant de bouger de chez elle. A chaque fois qu’un juge de la cour suprême va lui contester sa place au pouvoir, il le fait démissionner. A chaque fois qu’on arrive à une échéance électorale - hop ! il esquive en décrétant l’état d’urgence.  

Et tous les dictateurs du monde de se demander : mais comment fait-il ?

C’est qu’il a des raisons de ne pas s’en faire pour son trône, le bougre… Il est pote avec les Etats-Unis, qui l’ont d’ailleurs élu à la place de son peuple (des sortes de grands électeurs hihi). Et puis il héberge la pire lie des méchants du monde : Al Qu’aida, dont le chef local taliban a bouffé tous les chefs tribaux du nord du pays pour s’approprier la vallée de l’Indu Kouch. Les ennemis de nos ennemis sont nos amis, dixit la maison blanche.

2691901101-pakistan-la-police-asssiege-la-residence-ou-benazir-bhutto-est.jpgLorsqu’on sait que cette dictature a l’arme nucléaire, que la seule alternative probable est aujourd’hui l’autre pantin des Etats-Unis, l’ex-première ministre corrompue Benazir Bhutto, que les européens ont toujours voulu voir comme l’élégante première femme dirigeante d’un pays musulman (faut arrêter de lire Point de Vue), que les talibans ont infiltrés l’armée, que les islamistes jouissent d’une popularité rampante non négligeable (le siège et la chute de la mosquée rouge n’y ont rien fait)…

Bref. Une seule solution : que les Etats-Unis tapent sur les doigts de Musharraf (ça marche assez), et que les européens appellent à la remise en fonction du Conseil constitutionnel et de la reprise de son travail (faut pas oublier que le vrai opposant dans l’affaire, c’est Mr démocratie et non Bhutto et cie ; et que Mr démocratie, c’est le président destitué du Conseil constitutionnel, Iftikhar Chaudhry, un juge respecté).

Or on a l’impression que les européens considèrent le Pakistan comme le pré carré américain, ou bien qu’il ne veulent pas y mettre le pied au risque d’y laisser des orteils… Il n’y a pourtant pas de dictateur susceptible d’être plus réceptif aux sanction internationales (et américaines) dans le monde que Musharraf.

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12 novembre 2007 1 12 /11 /novembre /2007 16:37

La Turquie en Irak : une diplomatie sur le fil du rasoir

 i78964HADDAD.jpg                                            LE BLUES DU PESHMERGA "A la frontière turco-irakienne..."

Qu’est-ce qui préoccupait l’Etat Turc ces derniers temps ? Il suffisait, ces dernières semaines, de jeter un coup œil sur les gros titres des Hurryiet et autres Turkish Daily News pour s’en rendre assez rapidement compte. Deux choses en particulier, donc: la résolution du génocide arménien en passe d’être voté par le congrès américain,  et la sanctuarisation du nouveau (et très stable) Kurdistan irakien par le PKK (organisation terroriste kurde harcelant depuis 25 ans la Turquie), qui vient de mener une incursion meurtrière en Turquie, coûtant la vie à 12 militaires turcs, le dimanche 21 octobre

Aujourd’hui, la Turquie est (momentanément) parvenu à régler et l’une et l’autre en jouant sur les nerfs d’un seul Etat (et pas des moindres) : Les Etats-Unis.

Petit cours de géopolitique : la Turquie, partenaire précieux des Etats-Unis (tout particulièrement comme membre de longue date de l’OTAN), est le seul Etat stable (à population majoritairement musulmane) du Moyen-Orient à s’accommoder et d’Israël, dont elle est un allié de longue date, et des Etats-Unis, qui se servent d’une de ses bases militaires comme tête de pont pour l’Irak et ont massivement armé la Turquie, même au plus fort des massacres de kurdes entre 1990 et 1994.

icpshlo95221007234103photo01.jpgLa Turquie est aussi un pays frontalier de l’Irak… Sans pour autant y gagner grand-chose pour l’instant (contrairement à l’Iran qui avance ses pions au sein de la forte minorité chiite d’Irak), puisque ses frontières touchent ce qu’on pourrait appeler officieusement le premier Etat kurde au monde. Or la Turquie n’aime pas les Kurdes, dernière minorité non turque encore vivante sur son sol (ils sont en majorité relative dans tout le sud-est de la Turquie) : en atteste l’opinion publique turque qui trouve que l’édification d’un Irak fédéral (solution la plus viable vu le nombre d’entités religieuses et ethniques antagonistes en présence) est un scénario cauchemardesque pour la Turquie, puisqu’en faisant du nord de l’Irak une région autonome kurde, les Américains vont coller un pays kurde au cul de la Turquie…    

Alors comment se servir de l’Irak à leur avantage ? En menaçant de la déstabiliser !

Alibi ? La région autonome du Kurdistan Irakien sert de sanctuaire aux terroristes du PKK qui ont, le mois dernier, « remis ça » : il faut les empêcher de continuer. D’autant plus que l’opinion publique ne laissera pas passer une quelconque faiblesse de ses dirigeants face à la bête noire Kurde.

Jouet  du chantage? L’Irak, donc.

Victimes ? D’abord les Américains, ensuite les Kurdes et les Arméniens, et enfin – si tout va mal – les Irakiens. 

Or la région Kurde est la seule région d’Irak stable (sans terroristes, sans attentat, et où les investissements affluent).

icpshnh59031107160734photo00.jpgEn menaçant d’entrer en Irak avec son armée et de massacrer du terroriste Kurde pour leur apprendre à ne plus prendre des soldats tucs en otages, la Turquie a menacé, en substance, de violer la souveraineté de l’Irak (je sais, je sais, elle existe pas) au risque d’affaiblir l’autorité du gouvernement fantoche de Bagdad qui, si elle avait été à la tête d’un pays indépendant, aurait aussitôt conclu à un acte de violation des frontières - pas si loin d’un casus belli.

Et de rendre la situation de l’occupant américain plus inextricable encore...


Ainsi, en massant ses troupes à la frontière irakienne, la Turquie a trouvé un moyen de mettre en balance ses conditions à elle. De quoi régler ses problèmes en menaçant dans le cas échéant d’en créer d’autres : une politique de terreur diplomatique assez prometteuse - ce n’est d'ailleurs peut-être pas la dernière utilisation du levier « j’enflamme l’Irak si… » - qui lui a permit de :

 

- bloquer le vote de la résolution arménienne au Congrès américain, puisque certains députés initialement pour on dit que le contexte ne se prêtait plus à une résolution qui aurait indirectement menacé des rapports avec la Turquie rendus indispensables  par la crise irakienne

- faire plier les terroristes du PKK qui ont libérés en signe d’apaisement les otages turcs

- affaiblir le président de l’Irak, Jalal Talabani, un Kurde qui ne se résout pas à livrer le PKK aux Turcs

- obtenir que l’Irak mène une politique plus répressive envers le PKK

- obtenir, enfin, que les services de renseignement américains, très au fait sur bien des choses, collaborent activement avec les services de renseignement turcs sur le cas PKK, histoire de capturer une liste de terroristes ou sympathisants qui se font de vieux os en Irak


Une bien mauvaise image d'une Turquie que l’Europe et les Etats-Unis voient pourtant comme "the" pays stabilisateur du Moyen-Orient!

En tout cas, on peut observer – avec un brin d’ironie – que le seul allié objectif des Etats-Unis, le seul voulant la stabilité de l'Irak, est l’Iran (parce qu’il est dans son intérêt que les chiites, majoritaires, prennent le pouvoir à Bagdad).

 
L’ironie fait décidément mal les choses…

 

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11 novembre 2007 7 11 /11 /novembre /2007 18:46

Sarkozy torpille l’exception diplomatique française

Il ne resterait qu’une seule chose des dix ans de chiraquisme apathique, nous disait –on souvent : son opposition farouche à la guerre en Irak, qui a consacré en quelques sortes la politique étrangère française, cette grande idée de la France dans le Monde aux tonalités gauliennes qui a fait d’un pays un acteur à part dans les affaires internationales.

En se vautrant dans le feu de son rêve américain lors de sa déclaration d’amour aux Etats-Unis d’Amérique, le 6 novembre devant le congrès, notre nouveau président a brûlé les ailes de la diplomatie française : sa façon si tranchée de faire comme si il n’y avait pas eu l’Irak (il n’en a pas dit un mot alors que l’Irak était le nœud des différents franco-américains) tout en appuyant de tout son petit corps la lutte anti-terroriste engagée par les Etats-Unis (cette lutte n’a-t-elle pas la guerre en Irak comme élément principal), sa façon si déroutante de comparer les morts d’aujourd’hui et d’hier et notre reconnaissance pour eux (eh oui ! il faut que nous soyons d’après lui reconnaissants dans une même mesure envers les soldats morts en Irak et sur Oklahoma Beach… Les morts en Irak nous libéreraient peut-être en ce moment même d’un occupant invisible – allez savoir !) : son entreprise de repositionnement envers l’Amérique se sera donc fait en occultant la réalité (qui fâche toujours, mais pas pour notre président), en amalgamant l’Histoire avec l’erreur, et en détruisant du même coup l’esprit critique français sur l’autel de l’émotion hollywoodienne et le redevable éternel. On aurait presque l’impression qu’une sorte de repentance est à l’œuvre dans le cas du clash irakien – une repentance qui pourtant lui fait habituellement horreur…

On est donc en droit de se demander si, lui, il aurait esquivé le désastre irakien, s’il s’était trouvé à la place de Chirac cela fait quelques années… Ou si, comme son ami Tony Blair, il aurait fait la grande erreur de ces dernières années en entrant dans le jeu des terroristes pour leur donner un champ de bataille de plus.

Surtout lorsqu’on se rend compte avec quelle véhémence et inconscience se il se substitue aux experts de l’AIEA pour affirmer, de concert avec son nouvel ami et selon ses propres termes « chef du monde occidental », sa conviction que l'Iran est en train de se doter de l’arme nucléaire…

L’Histoire bégaie, parfois, se rejoue – rarement…
Mais ne se trompe jamais ! 

P.S : Alors… que reste-t-il de Chirac, maintenant ? Euh… le quai Branly ? hihi

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10 novembre 2007 6 10 /11 /novembre /2007 13:03

La France pas mieux que la Chine !


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Alors que la Chine, tant décriée (assez justement, d’ailleurs, dans le dossier Darfouris), a infléchi sa politique de passivité complice envers les généraux/eux – dictateurs birmans en se laissant convaincre de se joindre à une déclaration présidentielle du Conseil de sécurité de l'ONU [ce texte appelait, le 11octobre, à libérer les prisonniers politiques en Birmanie] ; la France, elle, vient d’œuvrer en coulisse pour empêcher avec succès une résolution-punition qui inclurait une interdiction des investissements en Birmanie. Le représentant français a insisté pour que seule une interdiction de "nouveaux investissements" soit envisagée.

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Pourquoi ? Parce que Total, forte d’une profiteuse implantation dans les sous-sols pétrolifères birmans, ne saurait sacrifier ses intérêts commerciaux mirobolants (des bénéfices qui crèvent le plafond grâce à la hausse inouïe des prix du pétrole) aux aspirations démocratiques (si peu profitables, elles) du peuple auquel (n’) appartiennent (justement pas) ces sous-sols.
Or les sanctions envisagées par les pays nordiques auraient signifiés un gel des activités de Total…

Comme quoi, parfois, il faut se méfier des gesticulations outrées de nos dirigeants hyperactifs : le jeu relationnel de Total (cf. le N.B), son influence dans la passivité d’un Etat de droit, gêne et déconcerte toujours autant qu’en Afrique à la fin du vingtième siècle… D’autant plus lorsqu’elle met un pays moralisateur comme la nôtre en porte à faux avec ses discours outrés.  

BIRMANIE-cartegazoduc-220.jpgN.B : le Groupe TOTAL avait demandé, dans le cadre d'un contrat de consultant passé avec sa société BK Conseil, à Kouchner de venir en Birmanie pour « se former son propre jugement sur place et pour donner ses avis et recommandations ». Ce que Kouchner, alors délesté de tout mandat électif, a fait moyennant pécule en concluant un rapport globalement à décharge pour l’entreprise française.

Voir Rapport de Kouchner presente et commente sur le site officiel de TOTAL : http://birmanie.total.com/fr/controverse/p_4_4.htm







 

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2 novembre 2007 5 02 /11 /novembre /2007 20:51

la bonne conscience des néonégriers

 

L’affaire de l’Arche de Zoé révèle une des perversions de l’occidentalisme primaire et les limites du « droit d’ingérence » - cette belle idée qui institutionnalise l’interventionnisme humanitaire et dont le théoricien n’est autre que… notre ministre des affaires étrangères Bernard Kouchner !

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Je résume : des quidams (sûrement bourrés de bonnes intentions) se font engrener plus ou moins sciemment dans une association - L'Arche de Zoé - qui se proposait de collecter 2500 euros auprès de "familles-relai" françaises et volontaires (elles aussi pleines de bonnes intentions) afin d'organiser le rapatriement d'orphelins du Darfour. Ces gens-là, et en premier lieu leur charismatique président d'association, font alors avec les moyens du bord en trouvant des orphelins du Darfour là où il était possible pour eux d’en trouver- c'est à dire là où ils n'étaient pas - mais où il était possible de se promener une fois un badge d'assoc bidon mis à la boutonnière ("Children Rescue", leur nom d'emprunt sur place, permettait d’attirer l'aide logistique et matérielle des forces françaises et humanitaires pros)... Parant ainsi au plus difficile, ils grugent leur monde et corrompent les autres (c'est à dire les autorités tchadiennes mais aussi leurs aides recrutés sur place et chargés, eux, de réunir les enfants en faisant croire à leurs parents qu'ils les emmenaient dans une école en ville - allant parfois même jusqu'à justifier leur "salaire blanc" en les appâtant avec des bonbons ! ).

Cette succession de gaffes dangereuses dont les responsabilités sont encore loin d'être précisées est aujourd'hui étalé sur la place publique internationale.

Pourquoi ? Parce que, une fois sur le tarmac de l'aéroport tchadien, tout ce petit monde - enfants qui ne savaient pas ce qu'ils faisaient là, responsables de l'assoc, mais aussi journalistes qui les suivaient et personnel de l'avion affrété – a trouvé le moyen de se faire arrêter par les policiers tchadiens (sûrement un oubli de graissage de patte quelques part) alors que les familles françaises les attendaient, tout plein d'amour et d’empressement paternaliste, près d’un petit aéroport de la Marne…

Que serait-il arrivé s’ils avaient réussi ?

On sait aujourd’hui que si ces gens-là avaient réussit, on aurait eu droit – compte tenu du nombre de caméras de JT, de micros de radios et de journalistes assermentés postés sur la piste d’atterrissage – à un beau déballage d’émotions médiatiques ; auxquelles j’aurais été le premier à succomber naïvement, sans même savoir ce qui se tramait (comment le savoir, d’ailleurs, lorsqu’on est assaillit par les émouvantes images d’enfants noirs de toute évidence arrachés à la jungle, le désert, les bêtes sauvages ou le grand méchant loup et descendant d’un avions aux bras de héros blancs mal rasés, en dreadlocks et rangers?).

Que se serait-il passé si personne ne s’en était rendu compte à temps ?
Dans quelle mesure l’Etat français a-t-il laissé ces gens faire ?
Jusqu’à quel point les autorités tchadiennes ont fermés les yeux ?

On voit bien le paradoxe d’un "sauvetage" qui, à terme, aurait fait de ces enfants des orphelins – suprême perversion…



Qu'a hérité la France de cette affaire?

- une détérioration de son image en Afrique (et au Tchad francophone – ancienne colonie française - en particulier)
- la mise à mal de la théorie humanitariste de Bernard Kouchner qui, d’ailleurs muet sur la question, ne la ramène plus trop avec ses "droits d'ingérences" par-ci par-là
- une perte d’influence notable de la France dans le règlement du conflit au Darfour
- le discrédit des organisations humanitaires sérieuses au sein même des populations dont elles s’occupent (… bien pour la plupart)


Que reste-t-il donc à faire ?

Après avoir paru tour à tour embarrassé, contempteur, moraliste, et une fois les tenants et les aboutissants étudiés par nos valeureux diplomates et chefs de cabinets plus ou moins au courant du binz, la France a fini par se rendre compte – un peu aussi par la force des choses… - du désastre occasionné (ils n’ont pas fini de s’en rendre compte, d’ailleurs).

La justice tchadienne étant ce qu’elle est (ce qui veut en fait dire qu’on ne sait pas ce qu’elle est), il faudra attendre pour voir si, au choix, elle choisira de céder aux sirènes du peuple ou fera son travail proprement : ce qui, en résumé, consiste à prouver la culpabilité du président d’assoc et de ses acolytes, parler de complicité pour ceux qui ont su et laissés faire, et oser appeler victime les quelques uns qui se seraient embarqués là-dedans sans savoir ce qui se tramait.


Il faudrait donc que, grâce à des tractations très discrètes, une instruction bis de l’affaire puisse être instruite par la justice française… Histoire d’être prêt à statuer sur les responsabilités de chacun dans le cas où la justice tchadienne échouerait à mener à bien ses investigations (en s’attendant peut-être même à sauver – rapatrier ? - ceux punis inutilement).

Reste le cas de ceux dont l’innocence ne fait aucun doute : aujourd’hui, le président s’est enfin décidé à tergiverser dans le bon sens et à demander la libération des otages qui sont innocents (c'est-à-dire, dans l’absolu, les journalistes non membres de l’association comme Marc Garmirian et le personnel naviguant à pouvoir non décisionnel). Espérons qu’ils rapatriront la France au plus vite afin d’achever leur travail de journaliste…


Que penser de tout ça?

- La vision biaisée de ces beaux occidentaux aux zôlies intentions, partis aider le pôvre Africain en détresse est ici mise en lumière de façon très très crue: on y voit même, au-delà de l'ignorance crasse qu'elle révèle, un reflexe de néonégriers (voir la méthode d'appât employée pour kidnapper les enfants)...
- Le fait que des gens aussi biens sous tout rapport que, par exemple, un médecin urgentiste de campagne apprécié dans son bled du Vercors pour son accessibilité et son combat gagné contre les autorités pour la sauvegarde d'un hôpital de proximité se retrouvent, par excès d'enthousiasme et d'amateurisme, dans une situation impossible compromettant deux grands pays, le règlement d'un des conflits mondiaux contemporains les plus meurtriers, et la réputation des plus importantes organisations humanitaires du monde sur le continent qui en a le plus besoin ; est finalement assez symptomatique du mal que peut faire la vision que l’Occident a de lui-même et de son rôle une fois qu’on l’a mis face à la sombre réalité de l’Afrique…

Car pour certains occidentaux, l'enfer africain est encore et toujours pavé de leurs bonnes intentions...

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