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AGENDA

AVRIL 2008

2 avril:
Philadelphie - discours de Barack Obama devant la puissante confédération AFL-CIO

2-3 avril:
Sommet de l'OTAN à Budapest, Roumanie, consacré notamment à l'Afghanistan, au Kosovo, aux relations avec la Russie, le projet américain de système anti-missile

3 avril:
La Haye - verdict du TPIY dans le procès de l'ancien 1er ministre kosovar Ramush Haradinaj et de 2 anciens combattants de l'UÇK pour crimes de guerre et contre l'humanité

4 avril:
40ème anniversaire de la mort de Martin Luther King
Zagreb: visite en Croatie du président américain George W. Bush (jusqu'au 5)

5 avril:
Saint-Pétersbourg: sommet de l'opposition russe en vue de se coaliser
Tokyo: réunion des ministres de l'Environnement du G8 (jusqu'au 6)

6 avril:
Londres: manifestations prévues à l'occasion du passage de la flamme olympique- Sotchi
Russie: George W. Bush et Vladimir Poutine discutent du projet américain de défense anti-missile


9 avril: Elections légilatives en Corée du Sud
Lancement
de Chandrayaan-1, 1ère sonde spatiale indienne, vers la Lune, depuis le centre spatial de Satish Dhawan, (nord de Madras)

13 avril: Elections municipales et communales du Bénin

13 et 14 avril: Elections générales en Italie (Berlusconi vs. Veltroni)

15-20 avril
:
Visite du pape Benoît XVI aux Etats-Unis, avec notamment un discours à la tribune des Nations unies et une visite de Ground Zero

20 avril: éléctions présidentielles et législatives au Paraguay
27 décembre 2007 4 27 /12 /décembre /2007 13:18

dictateur-copie-1.jpg"Dictator or not ?"
Critique de la raison pure en politique étrangère Sans-titre.JPG

Je le reconnais aisément : mes derniers articles ont flingué sans assez de discernement et avec un certain dogmatisme moraliste tous les manquements aux droits de l’Homme du président Sarkozy. A juste raison, cependant, puisque si Sarkozy, par un effet d’accumulation d’actes cyniques de realpolitik sans arrière-pensées, a fini par se mettre presque[1] tous les commentateurs à dos ;  c’est qu’il y avait de quoi…

 

Laissons un peu Sarkozy de côté, puisqu’il tire la réflexion géopolitique vers le bas, et haussons notre réflexion d’un ton en ne nous jaugeant non pas en fonction de la politique sans pensée éprouvée ni logique apparente de notre président - en lieu et place de "realpolitik", le terme "politique opportuniste et média-dépendant" serait d’ailleurs plus juste dans son cas - mais en nous mettant à présent dans la peau d’un président normal (avec des états d’âme qui le travaillent, une conscience un tant soit peu fonctionnelle, un rapport à l’image moins important) qui, amené à rencontrer des dictateurs, des autocrates, des dirigeants de pays au rapport plus ou moins délicat, se pose les questions d’usage : « avec qui devrais-je parler, échanger, commercer, ou, au contraire, me fâcher, isoler, boycotter, etc. ? »

 

Les prochains billets s’attacheront donc à rendre compte de l’actualité internationale pays par pays tout en les conceptualisant de façon à répondre à une question simpliste qui sera le titre du dossier à venir: « Dictateur ou non ? »



[1] presque - si on excepte les journaux d’un marchand d’arme très connu qui entend profiter le plus longtemps possible de la posture décomplexée du président 

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25 décembre 2007 2 25 /12 /décembre /2007 15:49

Candidats US : qui pense quoi sur le Monde ?

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A l’approche des caucus de l’Iowa, qui ouvrira le bal à l’élection des candidats des deux camps (républicains et démocrates) pour l’investiture américaine, on est nombreux (quelques centaines de millions ?) à se demander qui va avoir le levier américain sur le monde entre ses mains pour les années à venir. Qui va (avantageusement ?) remplacer Bush. Qui va imprimer au Monde sa manière de le voir, de se le représenter, de vouloir le changer.
Dans les années 30, Roosevelt avait  mis au goût du jour le volontarisme d’Etat en matière économique. Dans les années 80, Reagan lâcha les derniers freins du libéralisme et mis l’armement mondial sens dessus dessous. Dans les années 2000, on se souviendra d’un Bush-fils qui, mettant en pratique une guerre contre le terrorisme modelée à l’image de ses idéaux délirants (celle-ci fut dès lors son principal atout et cheval de bataille), (dé)régla le monde vers la première guerre mondiale post-guerre froide : la croisade occidentale contre le terrorisme islamiste…

Alors : de qui/de quoi nous souviendrons-nous dans 10 ans lorsque nous regarderons l’état du Monde?

578309280-presidentielle-americaine-giuliani-en-pleine-forme-obama-l-offensive.jpgDu côté des républicains, il n’y a malheureusement rien de nouveau dans les grandes lignes. Il faut dire que Bush-fils a durablement miné son pays : entre le boulet Irakien en particulier et sa vision du monde vue par le petit bout de la lorgnette "11 septembre" en général, les grilles de lectures ont changé et ne bougeront pas de sitôt.

Rudoph Giuliani, le favori de la première heure, s’oppose fortement à un retrait d’Irak, fait de la guerre contre le terrorisme son petit plus "radical-républicain" (laissant aux autres les surenchères religieuses ou morales), embraye sur l’Iran avec la foi d’un super-faucon, se met dans une ligne résolument exponentielle par rapport à Bush-fils, et fait sur le Proche-Orient  du néo conservatisme pro-israélien sans nuances.

portrait.jpgSes concurrents, moins véhéments mais à peu de choses près sur la même ligne, ne lui discutent pas ses vues; chacun s’en tenant à des détails : lorsque Giuliani propose une évaluation des progrès réalisés en Irak, Mc Cain, qui s’est opposé fermement à Bush-fils sur la question de la torture, se persuade qu’on ne peut plus reculer (au risque de déclencher un génocide) et qu’il faut même s’attendre à rester très longtemps en Irak. Huckabee, le nouvel outsider, a lui émis l’éventualité d’envoyer des troupes supplémentaires, alors que Romney critique simplement la manière dont la guerre a été conduite pour l'appuyer ensuite… Bref, tous sont fermes sur les questions de sécurité et de prolifération nucléaire et prônent une augmentation des budgets et des effectifs militaires (en particulier pour l'armée de terre).

 

Du côté démocrate, où nous serions tentés d’aller chercher une petite consolation après ce chapelet d’idées préconçues par l’ère Bush-fils, les idées sont faites pour être débattues et fleurent bon l’ère post-"post-11 septembre" sans pour autant faire espérer plus qu’un retour à la normale Clintonienne (avec les boulets de Bush-fils en plus, évidemment!).

tf1-lci-hillary-clinton-2006-2232753-224.jpgHillary Clinton, qui a voté comme John Edwards pour la guerre en Irak, parle de mettre fin à celle-ci (comment ? Elle ne le dit pas), en marmonnant le mot "retrait" lorsqu’on lui demande de justifier sa stratégie…
Tous sont d'ailleurs dans le même ordre d’idée : diminution des troupes, moins de budget à perdre dans le sable irakien, retrait plus rapide : un parfum de débandade qui est plus un vœu pieux qu’autre chose, puisque laisser l’Irak dans l’état où on l’a mis n’est pas une façon très responsable de régler ses erreurs – gageons que le réalisme tempérera les promesse politiques de retour sans fanfares.
Plus que sur l’Irak, c’est la politique étrangère en général qui changera sensiblement (pas difficile à faire, lorsqu’on passe après Bush-fils) : plus de multilatéralisme, l’ONU sera moins une chambre d’enregistrement (rebelle) et plus un lieu de débats, le soft power (=diplomatie non coercitive) reprendra ses droits, la prison de Guantanamo fermera (ça, ce n’est pas dur et ça le fait bien), et les conventions de Genève sur l’usage de la torture seront respectées.

09harlemvoters.span.jpgArrêtons-nous maintenant sur le cas Obama : alors que l’outsider brillant commence à grignoter l’avance de l’ex-(et future ?) première dame des Etats-Unis, sa réputation de débutant en matière de politique étrangère - que lui avait collé avec succès son adversaire féminin en début de campagne histoire de faire oublier que sur l’Irak, c’est lui qui avait raison (en se disant contre dès le début) – commence à s’étioler, révélant une vision en totale rupture avec Bush-fils, alors qu’Hillary se contente en comparaison d’arrondir les angles afin de ne pas se renier complètement. Obama propose de s’asseoir autour d’une même table de négociations que l’Iran ou Cuba - et cela sans conditions préalables ("inexpérimenté", "naïf" lui ont rétorqués ses adversaires alors que c’est ainsi que les ministres européens avaient arrêté le nucléaire militaire suite à leur voyage à Téhéran en 2005), de repenser nos (leurs) peurs post-11septembre en intégrant dans la lutte contre le terrorisme des moyens non militaires, etc. Le récent rapport sur le nucléaire iranien le conforte d’ailleurs dans ses idées, faisant de lui le candidat le plus internationaliste.
Notons enfin au crédit d’Hillary Clinton le fait qu'elle propose de réduire drastiquement l’arsenal nucléaire américain (sans pour autant réduire le budget militaire en parallèle).

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Personnellement, si j’avais voix au chapitre, je voterais Obama. 
Une petite précision, cependant: avant d’être le 1er consul du Monde, l’homme qui va être élu l’année prochaine sera le président des Etats-Unis d’Amérique, donc ni moi ni vous n'avons voix au chapitre : on peut pourtant se demander si lequel des deux postes est le plus important aujourd’hui ? D'ailleurs, plus qu’un point de vue, la pertinence de ce questionnement démontre que Bush-fils est bien parvenu a faire en sorte qu’il faille plus que jamais compter avec les Etats-Unis (pour le pire comme – espérons-le dans un futur proche – pour le meilleur). Ce qui fait de ces présidentielles un choix déterminant pour l'avenir du Monde…

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24 décembre 2007 1 24 /12 /décembre /2007 17:54

Kosovo : Un pays d’autodétermination

 

 « Tous les peuples ont le droit de disposer d'eux-mêmes. En vertu de ce droit, ils déterminent librement leur statut politique et assurent librement leur développement économique, social et culturel. » 

 Article premier du Pacte sur les droits civils et politiques du 16 décembre 1966

 

2255997238-balkans-sommet-europeen-bruxelles-sur-l-independance-du-kosovo.jpg 

 

Les médias, les dirigeants de ce monde - même les plus pragmatiques - vont de visions biaisées en visions biaisées lorsqu’il s’agit de comprendre les guerres qui n’en finissent pas et les pays qui se désarticulent au gré des peuples, ethnies ou sous-ethnies. La Yougoslavie, ce puzzle décomposé qui a fait les pays de la prochaine fournée de l’UE, en est un exemple assez net, car dénué de particularismes africains ou moyen orientaux, de l’esprit analytique occidental face à un conflit ethnique (ici dû à un réveil des nationalités tardif pour cause de chute de fédération communiste). 

Première leçon à retenir : l’occident ne fait rien ou intervient après avoir pris position selon une vision binaire bon/méchant (défini par des critères aussi précis que le nombre de morts, la méchanceté des dirigeants, etc.). Cette constatation ne souffre d’aucune demi-mesure, ni contre-balancement. Et elle peut, bien sûr, prendre (surtout) en compte des critères marchands ou de bon voisinage.

i801931128Pismestrovic.gifEn Yougoslavie, le méchant était Milosevic. Donc le peuple serbe. Les bombardements de Sarajevo ont été faits sur une analyse borgne des évènements, sans prendre en compte - par exemple - les épurations ethniques des serbes en Croatie (le contraire étant aussi vrai). Le ressentiment du peuple serbe va en conséquence perdurer, et laisser une empreinte tenace dans la région. Paradoxalement, cependant, la Serbie d’aujourd’hui en veut plus à l’occident qu’à ses voisins…

Le Kosovo, lui, est promis à un avenir de pays indépendant. Mais un pays indépendant sous tutelle internationale. Une sorte de Bosnie-Herzégovine bis. Avec pour seules ressources le FMI, l’UE, les Etats-Unis, et l’ONU. Partant d’une belle idée, celle de l’autodétermination, on en est arrivé, à coup de bombes sur Sarajevo, à faire un Etat sur les ruines de la Serbie. Un petit Etat sans ressource, au peuple exsangue, mais un Etat quand même.

La genèse artificielle d’un Etat bâti sur des dates butoirs par de grandes négociations ONUsiennes, et qui vivra artificiellement sur des ressources qui ne lui appartiennent pas, aura alors un parfum d’inachevé, laissant de côté cet arrière goût de tenace de d’inimitié profonde que les kosovars et les serbes cultivent encore.

Que faire alors ? Laisser le Kosovo sur ses promesses d’indépendance en friche en retardant l’échéance le plus possible ou pousser vers le fait accompli la Serbie démocratique (dont la constitution stipule ironiquement l’appartenance inaliénable du Kosovo à la Serbie) ?

De toute façon, les Etats-Unis ont prouvé que les négociations n’en étaient pas vraiment en affirmant qu’ils proclameraient unilatéralement l’indépendance après une date butoir ; et la proposition de Belgrade de confier 95 % de la gestion de la province aux Albanais, le reste – essentiellement le contrôle des frontières et la représentation à ­l’ONU – restant sous juridiction serbe n’a pas été étudiée.

Reste aux Serbes le fol espoir de se porter candidat en 2008 à l’UE avec la Kosovo encore dans la besace, ce que va tenter de faire Bozidar Djelic. Avant que la région n’ait à subir les dernières affres de la défunte Yougoslavie. 

 

P.S : il est étonnant que le Kosovo n’ait jamais été comparé à la Palestine… Cet Etat que pourtant tout le monde s’accorde à vouloir construire, ce peuple qui plus que tout autre à le droit d’autodétermination, et qu’on laisse pourrir pour la simple et bonne raison qu’Israël n’est pas la Serbie !

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24 décembre 2007 1 24 /12 /décembre /2007 16:23

Sarko/Merkel : L’argent ou les principes ?

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Angela Merkel a fait une partie de sa popularité Outre-Rhin sur sa politique étrangère, s’évertuant à distiller par déclarations ou coups médiatiques épisodiques sa conception toute protestante ( = austère et droite) des droits de l’Homme ; rompant notamment avec les amitiés coupables de Schröder, son prédécesseur, sans pour autant infléchir la ligne politique de son pays à l’étranger.

NicolasSarkozyJofSpades-724966.pngLorsque Sarkozy refuse de recevoir le Dalaï-lama et cautionne, au nom de la France, l’expansionnisme chinois en appuyant le caractère indiscutable d’une Chine englobant Tibet la martyre (et la séparatiste Taïwan), Merkel reçoit le Damaï-Lama. Résultat : son pays voit ses rapports avec l’usine du monde restreint alors que la France vend pour 20 milliards d’euros de contrats (d’armements entre autres).

De la même façon, lorsque Nicolas félicite Vladimir qui vient d’être  fraîchement réélu, Angela frappe un grand coup en estimant que les « élections n’étaient ni libres, ni équitables, ni démocratiques », allant jusqu’à demander par ministres interposés que Vladimir s’abstienne de tailler les instituions à sa mesure et respecte la constitution russe. Angela, pas en reste, avait d’ailleurs par le passé sévèrement critiqué Vladimir sur l’affaire tchétchène.

De même pour Bush, à qui Merkel a demandé de fermer Guantanamo. Ou pour Mugabe, qualifié de « nuisible à l’image de la nouvelle Afrique ».

AngelaMerkelQofSpades.pngPourquoi cette différence de posture entre Merkel et Sarkozy ? Est-ce la bonne situation économique de l’Allemagne (un excédent de 2,5 milliards de dollars) qui permet à Merkel de ne pas se borner à être l’attaché caisse complaisant des entreprises de son pays dans le reste du Monde alors que Sarkozy (président, lui, d’un pays officiellement en faillite) joue les VRP de luxe?

Reste le fait que ce n’est pas en se partageant les rôles – l’un le réalisme opportuniste, l’autre les valeurs et autres principes nobles et désintéressés – que le couple européen parviendra à parler d’une seule voix.

Espérons seulement, qu’en dépit de l’alignement allemand sur la position française (et américaine) sur la question iranienne, Merkel parviendra au contraire à tirer notre président de temps en temps vers le haut.

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22 décembre 2007 6 22 /12 /décembre /2007 19:09

vers la fin d’une Europe a l’aveugle ?

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Sarkozy vient de proposer la création d’un comité de 10-12 sages sommés de « réfléchir à l’avenir de l’Europe en 2020 ». Un évènement que tous les médias ont mis sur le compte d’un caprice du président en contrepartie de son accord crispé pour l’ouverture de deux chapitres de la négociation de l’adhésion turque à l’UE.

Qui croire ? Les médias ont depuis longtemps remisé l’actualité de l’UE à une lecture nationale et politicienne qui fausse complètement la vision que l’opinion publique a de l’Europe et le tire vers les basse-fosses du jeu politique des partis à vision courte… Pourquoi, dans ce cas-là, continuer à s’étonner que l’opinion publique n’ait pas de culture européenne, n’en saisisse pas les enjeux,  et vote des constitutions selon une grille de lecture biaisée que ses politiques lui mettent cyniquement en œillères (le fameux décryptage souverainiste et/ou antilibéral) ? Je suis ici le premier concerné, puisque j’ai voté non à un référendum dont les défenseurs s’étaient faits méprisants et les opposants menteurs…

 

3551635246-kosovo-l-ue-annonce-l-envoi-d-une-mission-mais.jpgOr, que manque-t-il à l’Europe ? Une vision. Et que manque-t-il aux européens (français en particulier) ? L’information et la parole. Le référendum pour le traité constitutionnel n’ayant pas été reconduit, la parole a été confisquée par le président histoire de jouer la sécurité de l’Europe contre l’inconscience du peuple. L’information, elle, ne parviendra dans les salons que quand on invitera des députés européens non éligibles nationalement et non trempés dans le jeu mesquin des influences sur les plateaux télés pour nous parler de ce qu’ils vivent au jour le jour dans leur exil bruxellois. Pourquoi, par exemple, tendre le micro à Pierre Moscovici, aspirant premier secrétaire du PS et parvenu européen dans la bisbille nationale des strausskhaniens, au lieu de le donner à Sylvie Goulard (www.sylvie-goulard.eu), présidente du Mouvement Européen et hussarde européenne de la première heure à la pensée iconoclaste ? Pourquoi avantager le conformisme bas de plafond des cumulards aux européens exclusifs ? Pourquoi ne pas considérer que le peuple a besoin du meilleur pour comprendre, cassant ainsi la vision élitiste que le même peuple a de la machine UE ? Pourquoi ne pas refaire le match par un nouveau référendum afin de réussir cette fois un débat qui ne méritait pas sa médiocrité ?

 

Aujourd’hui, le traité est passé outre le peuple, par l’assemblée nationale, et a été ratifié à Madrid par tous (même les Anglais, ces eurosceptiques insulaires… c’est dire !). Passons à autre chose, donc. A ce comité des sages européens. Outre les médias, qui ont dénigré l’idée, la mise au conditionnel de Sarko (j’accepte un peu de Turquie si vous acceptez mon comité de sages) n’augure rien de bon, puisqu’il ne donne pas l’importance qu’il mérite à un comité décrit par les autres pays comme une faveur faite à la France.

 

2006893643-kosovo-independant-l-ue-prepare-un-cadre-commun-pour-sa.jpgQu’est-ce que ce comité, finalement ? Dans l’absolu, ce n’est ni plus ni moins que la première tentative de l’Europe d’essayer de dire ce qu’elle veut faire de l’UE ! Depuis les pères fondateurs (et depuis Jacques Delors), aucune voix assez forte n’arrive à rendre compte de cet impératif indispensable à la construction d’une Europe autre qu’économique, c'est-à-dire autre qu’ouverte aux quatre vents d’une mondialisation qui l’a façonné – presque accidentellement – plus qu’elle ne s’est façonné elle-même (la meilleure preuve étant cet euro fort qu’on attendait tant et qui, subitement, nous embarrasse aujourd’hui sans que nous puissions vraiment y faire quoi que ce soit).

 

809720412-gonzalez-presidera-le-groupe-de-reflexion-sur-l-avenir-de.jpgElle vient sûrement trop tard, donc, puisque l’Europe politique n’a plus voix de cité aujourd’hui dans les pays européens. De la plus mauvaise des façons, puisqu’elle prend la forme d’une concession à un supposé caprice. Mais elle a le mérite d’être là. Et d’être dirigée par l'ancien président du gouvernement espagnol, Felipe Gonzalez : un bon signe, puisqu'il s'agit d'un véritable fédéraliste.

Un signe éloquent de la volonté de chacun des pays à œuvrer pour ou contre une Europe forte : le fait que le candidat « pro-Europe politique » ait été soutenu par des pays comme l'Espagne, le Portugal, la France, l'Allemagne et la Belgique, alors que Vaira Vike-Freiberga, à la vision moins "communautaire", était appuyée par le Royaume-Uni (mais aussi par les pays de l'Est et les Etats membres nordiques – sûrement, pour ces derniers, par tropisme géographique).

L'ex-présidente lettone a obtenu un lot de consolation, puisqu'elle sera vice-présidente du groupe, tout comme Jorma Ollila, le président du fabricant de téléphones portables Nokia. Les six autres membres seront désignés au Conseil européen de mars 2008 et le groupe remettra son rapport en juin 2010 pour ne pas perturber la ratification du nouveau traité.

 

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15 décembre 2007 6 15 /12 /décembre /2007 17:17

Rama Yade : le thermomètre cassé du président

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Maintenant on le sait : Rama Yade, plus qu’une caution, est la meilleure manière de juger quand le président prend en compte les machins de l’Homme ou quand il les met de côté.

Jugez par vous-mêmes :

-          Lybie, match aller : quand Rama Yade avait dû serrer la main d’un Kadhafi visiblement charmé sous l’insistance de Sarkozy, elle n’avait pu réprimer un rictus de dégoût et confiait peu après que « certains gestes donnent envie de se laver les mains »46.jpg

-          Russie : commentant les félicitations empressées de Sarkozy à Poutine aussitôt après son élection triomphale, elle avait grommelé : « ce coup de fil à Poutine n’avait pas besoin d’être chaleureux »

-          Chine : où elle n’avait pas été conviée ; épargnant ainsi la sensibilité chinoise qui ne semblait pas apprécier une des récentes saillies de Rama Yade sur la Chine …

-          Algérie : elle y avait une humeur massacrante, et n’avait pas goûté au bain de foule offert par Bouteflika à Sarkozy, se contentant de faire sa rabat-joie : « J’en ai marre de ces voyages où tout ce qu’on nous montre est faux. On croit que ces gens-là nous applaudissent, en fait, ils ne veulent que des visas »

-          Lybie, match retour : c’est là que le thermomètre a finalement explosé : « le colonel Kadhafi doit comprendre que notre pays n’est pas un paillasson sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s’essuyer les pieds du sang de ses forfaits ». Pire, elle critique le sens des priorités de son président, en estimant « indécent » que « cette visite se résume à la signature de contrats ou d’un chèque en blanc » pour « une France [qui] n’est pas qu’une balance commerciale ».

 

Il faut croire que les droits de l’Homme n’ont pas vocation à servir de prétexte pour rafistoler un poste au gouvernement, mais à avoir une fonction de veille indépendante pourvue par l’Etat et offerte à une autorité en la matière qui serait capable de dire son sentiment à chaque manquement.

Sans quoi ce poste sera condamné à se réduire à une machine à prendre la température des embarras occasionnés à chaque fois qu’on fera l’impasse sur ses prérogatives.

 Le discours qui a révélé l'éloquante Rama Yade pendant la pré-campagne UMP:
 
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15 décembre 2007 6 15 /12 /décembre /2007 15:57

De Dakar à Lisbonne : quand Sarkozy rencontre l’Afrique

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Qui, en Afrique, regrettera Chirac ? S’il fallait commencer quelques part, ce serait bien par là…
- L’Algérie, la Tunisie, le Maroc le regretteront sûrement
- La Côte d’Ivoire et le Rwanda, eux, se dépêcheront de l’oublier
Ce qui manquera à Sarkozy sera donc en premier lieu tout ce qui a plu chez Chirac. Et vice-versa.

Sans oublier la dette personnelle qu’il a engrangé pendant la campagne,  cette image agressive véhiculée dans les pays « main d’œuvre étrangère » de la France par le biais de ses discours électoraux sur « l’immigration choisie », qui ont tant irrités les opinions publiques sénégalaises ou camerounaises, et dont il doit se dépêtrer à présent.

 sarkozy-dakar200.jpgPour couronner le tout, son entrée en matière s’est révélée catastrophique : premier voyage, premier discours, première bourde. A Dakar, Sarkozy avait mis en cause la capacité de "L’Homme africain" à progresser. Un discours qui devait pourtant faire date, mais qui s’est révélé être une erreur de jugement grosse comme l’amour propre de Claude Guéant, porte plume et nègre de circonstance - ce dernier était un proche de Pasqua (l'homme des magouilles de la françafrique) avant d'être celui de Sarkozy...

 Depuis, la libération des infirmières bulgares a popularisé Sarkozy en Bulgarie, a défaut de le faire briller aux yeux des Africains. Une belle affaire, mais qui n’a paradoxalement eu que peu de poids dans la politique africaine traditionnelle de la France (la Lybie, ce pays du golfe géographiquement mal placé, n’étant en "Afrique" que pour Kadhafi).

Car la France a un arrière ban d’influence historique en Afrique :
sarkozydegaullealgeriesql0.jpg - Le Maghreb, qui a l’air d’avoir oublié les liesses d’antan : alors qu’au Maroc on s’est fendu d’un dîner royal en papier glacé pour magazines people (Rachida Dati en robe Dior) et qu'en Tunisie le dictateur Ben Ali est toujours aussi fréquentable; l’Algérie, elle, a bien mal accueilli le président en laissant impuni l’accès d’antisémitisme d’un ministre à son encontre, alors que Bouteflika jouait la partition de la repentance coloniale. Pour le coup, d’ailleurs, Sarkozy ne s’en est pas mal sorti puisque, faisant fi de sa détestation psychorigide pour la repentance et autres devoirs de mémoire,  "l’homme du présent" a bien voulu mettre des mots sur les horreurs de la colonisation tout en précisant le rôle de la France ; sans pour autant sacrifier au jeu de Boutéf qui, soucieux de prévenir la haine d’une jeunesse sans avenir contre l’incompétence de son régime, tente périodiquement de le diriger contre son ancien colonisateur.

- En Afrique subsaharienne, la crise tchadienne de l’Arche de Zoé continue d’occuper tout un pan du Quai d’Orsay et a crée l’évènement sans étonnamment  écorner autrement qu’en surface les relations franco-tchadiennes. Pour Deby, qui a beaucoup trop besoin des troupes françaises dans le jeu d’équilibre qu’il aiguillonne contre les rebelles locaux, s’est bien gardé d’instrumentaliser la vindicte populaire contre la France plus que nécessaire (le nécessaire étant la démonstration de sa capacité d’indignation contre les blancs voleurs d’enfants, histoire de se refaire une légitimité et de restaurer la fierté de son peuple).

file-269527-114052.jpgLa Côte d’Ivoire, elle, s’est finalement passée de l’arbitrage paternaliste français pour se réconcilier et l’ex-méchant Gbagbo, après avoir nommé Soro (son ancien meilleur ennemi et chef rebelle du Nord) premier ministre, s’apprête à organiser des élections démocratiques d’ici à juin 2008.
Or la Côte d’Ivoire a aussi des troupes sur son sol, des troupes longtemps malmenées par les agitateurs pro-Gbagbo. D’après les dires de Sarkozy à Lisbonne, finalement, Gbagbo non plus ne veut pas que la France s’en aille.  Est-ce un signe indirect de la sérénité nouvelle du jeu démocratique que celui-ci entend jouer jusqu’à juin prochain ?

D’autres vieux amis de la France - le Congo-Brazzaville, la Centrafrique, le Togo mais aussi et surtout, le Gabon - sont aussi à prendre en compte. Précision utile car trop souvent oubliée, puisque la première visite à dictateur africain du président qui avait tant fait jaser était celui, fin juillet, de Sarkozy à son ami Omar Bongo, le dictateur gabonais en place depuis une quarantaine d’années qu’il a, depuis 2004, visité pas moins de 8 fois (dont une pendant la campagne présidentielle afin de « recueillir ses précieux conseils »). Une visite qui avait moins suscité la polémique que celle de Kadhafi, certes, mais qui est à marquer d’une pierre noire ; étant  le premier grand pas du président vers le cynisme politique que les commentateurs politiques lui reprochent aujourd’hui…

top-264871.jpgReste le Rwanda, où la France a failli à deux reprises : une fois en laissant faire, par complaisance (de Mitterrand) envers le pouvoir Hutu, un génocide alors que ses troupes étaient sur place avec la capacité d’intervenir, et une autre fois en adoptant une position méprisante à l’encontre de Kagamé, le nouveau président rwandais (et ex-chef des rebelles tutsi) – une information judiciaire ouverte bêtement par le juge Bruguière pour statuer sur la responsabilité indirecte de Kagamé sur le déclanchement du génocide qui a décimé son propre peuple ; à quoi Kagamé avait répliqué en ouvrant la voie à une condamnation de la France par la justice de son pays pour complicité de génocide [nous en reparlerons peut-être plus longuement une autre fois]…

Sarkozy a, là aussi, comme pour la Côte d’Ivoire, tenté courageusement de crever l’abcès en reprenant la posture (certes trop facile) du "on efface tout et on se tourne vers l’avenir".

Attendons de voir si Sarkozy parviendra –comme il l’a promis à Lisbonne – à normaliser les relations de la France avec la Côte d’Ivoire et le Rwanda, ce qui aurait alors valeur d’inventaire des années Chirac et ouvrirait la voie à une autre vision, plus ouverte et moins clientéliste, de l’Afrique par la France. Un vœu pieux, selon toute vraisemblance.

Chronique exhaustive de la situation passée et à venir (sous Sarko) de la fameuse FrançAfrique:
 
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12 décembre 2007 3 12 /12 /décembre /2007 18:35

Petit frère africain prend le pouvoir

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Pour les Européens, ce sommet allait être le retour historique du marché africain dans le giron de l’UE, après s’être fait correctement vampirisé par la Chine.  Pour les Africains, il a été celui de la rebuffade du trop vieux continent contre le vieux continent.

Avant même le sommets, les convives africains avaient déjà joués leur partition contre celle de l’UE en imposant Mugabe, la bête noire de l’occident – juste pour l’esbroufe. Le Royaume-Uni n’a pas apprécié : il ne viendra pas.

 

3071527455-ue-afrique-le-sommet-de-lisbonne-doit-consacrer-un-nouveau.jpgLe sommet n’a guère été plus heureux pour le reste de l’UE : alors qu’elle entendait acculer chaque pays à un bas de page à signer pour ainsi parvenir à ses fins – faire signer l’APE (accords de partenariat économique), contrat de libéralisation des échanges commerciaux (avec suppression des contraintes douanières, etc.), afin de faire se rencontrer plus facilement le coton sénégalais et les épaules françaises.

Certains, comme la Côte d’Ivoire, ont signé des accords intermédiaires (nous aurons donc du cacao ivoirien). Mais la plupart des pays n’ayant pas signé l’APE, le commissaire européen Barosso a été contraint de promettre que les négociations répondront en février 2008.

 

4246558483-sommet-de-lisbonne-les-fututs-accords-commerciaux-voulus-par-bruxelle.jpgUn échec cuisant pour l’Europe, mais un coup de semonce formidable pour les pays Africains, qui ont tour à tour évoqués la colonisation et la traite négrière (Kadhafi allant jusqu’à demander des compensations financières… mais bon c’est Kadhafi), le statut du Zimbabwe (M’Beki d’Afrique du sud et Wade du Sénégal notamment) et, surtout, le refus d’être libéralisés alors que leurs concurrents européens nagent dans les subventions anticoncurrentielles (PAC, etc.).

 

S’il faut aussi tenir compte des attitudes ou postures parasites de certains (Kadhafi se la jouant encore panafricain, M’Beki se montrant populiste à défaut d’être populaire dans son pays), certaines voix très critiques doivent être entendues, comme celle de Wade qui, il y a deux mois, disait en substance lors d’une interview à I-télé que les pays riches trichent, et l’Afrique en conséquence trinque.

 

P.S : Sarkozy, pour le coup, a été pas mal… (cf. un prochain article sur la politique de Sarko en Afrique)

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11 décembre 2007 2 11 /12 /décembre /2007 21:27

 

the times titre « la mort de la culture française » : MINCE !


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Pour la France, la culture est une arme d’influence à l’étranger. Et la francophonie, domaine présidentiel pendant les années Chirac, en est l’étendard.

Alors lorsque l’hebdomadaire le plus prestigieux du monde ose dire que cette culture est morte, on pense aussitôt à qui profite le crime... D’autant plus que personne n’avait jusque là remarqué le cadavre !

Au-delà du discrédit auquel s’expose le Times en montant un dossier branlant (et un marronnier, qui plus est, pour la presse anglo-saxonne) sur une certitude mal assénée (non lieu fautes de preuves, monsieur le procureur), il y a pourtant quelques vérités qui sont toujours bonnes à dire : la francophonie se casse la gueule (notamment en Afrique, en Extrême-Orient, et, dernièrement… en Belgique !!!), le clanisme culturel (qui est aussi un effet pervers des subventions publiques) ne permet pas d’assurer un renouvellement du milieu artistique, et l’exigence dont nous sommes à raison si fiers, « cette exception française » qui nous est si chère, s’exporte mal.

Mais qu’importe ! Le monde entier peut bien nous enterrer encore et encore, force est de constater que les français éprouvent une étrange fierté proche du patriotisme (assez spécifique à la France : serait-ce donc là la véritable exception française ?) à chaque éclair du génie français à l’étranger. Et que cette seule surprise amusée (qui a fait l’unanimité des commentateurs français) à la lecture du Times montre que la patine de notre culture ne risque pas de s’user de sitôt (du moins, pas à nos yeux !).


P.S: pour savoir  de quoi meurt la culture française , voir l'article du Times: http://www.time.com/time/magazine/article/0,9171,1686532,00.html

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19 novembre 2007 1 19 /11 /novembre /2007 20:25

Sarko troquera-t-il la France à l’OTAN ?

« Aujourd’hui, vous avez la liberté de choisir à la carte. Demain, si vous rejoignez la structure militaire intégrée de l’OTAN, vous devrez prendre tout le menu »

                                                                         Un responsable de l’Alliance Atlantique

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Depuis son bad trip aux Etats-Unis, Sarkozy veut que la France entre enfin pleinement dans l’OTAN. Il dit monnayer ça contre l’accord des Etats-Unis et de l’OTAN pour l’édification d’une Europe de la défense, mais son enthousiasme ne trompe pas : déjà, Hervé Morin a affirmé qu’il fallait absolument « une Alliance atlantique où nous prenions toute notre place ».

 

otan-degaulle220.jpgDe Gaulle, en juin 1959, avait lui déclaré le Pacte atlantique périmé et engagé la France avec elle-même en la désengageant de la tutelle américaine et en quittant en 1966 le commandement intégré de l’OTAN : ce fut d'ailleurs là l'acte fondateur de l’indépendance de la diplomatie française face à l’influence américaine.

 

Le Pacte atlantique était alors bâti en contrepoint au Pacte de Varsovie (alliance soviétique des pays satellites avec le grand frère russe). Deux mondes, deux alliances stratégiques de défense, qui ont joué un rôle déterminant pendant la guerre froide (et la chute de l’URSS en particulier).

Or la France, même lors de la crise des euromissiles Pershing que les Etats-Unis voulaient déployer sur toute  l’Europe, n’a pas cédé : elle fut le seul pays à ne pas servir de terrain de jeu militaire, tout en acceptant filoutement le principe de leur déploiement partout ailleurs en Europe de l’Ouest.

otan-banderas.jpgAprès la chute de l’URSS, et avec elle du pacte de Varsovie, l’OTAN n’avait logisquement plus de raison d’être. Mais les Etats-Unis ne cassèrent pas pour autant le beau réseau d'influance militaire pour autant : et le conflit de l’ex-Yougoslavie lui rendit une seconde jeunesse ;  l’OTAN se mettra alors en scène en bras armé officieux de l’ONU en cassant la Serbie de Milosevic.

Depuis le 11 septembre, pourtant, l’OTAN a trouvé de quoi faire sur le terrain: les troupes de maintien de la paix en place au Kosovo et en Afghânistân, plus ou moins encadrées par l’OTAN, sont sous commandement alterné de plusieurs pays dont... la France, qui fait partie de l’Alliance atlantique sans être engagée dans le commandement de l’OTAN, même si depuis 1996 la France de Chirac a partiellement réintégré l’Alliance : 120 officiers, après avoir réintégrés les structures de commandement de l’OTAN, participent à présent aux exercices communs. 

 

Que veut donc alors changer Sarko en ramenant totalement la France sous giron Atlantique ? Une telle politique, en l’état, serait un symbole de l’alignement, alors que la France n’aurait pas plus d’avantages qu’aujourd’hui.

De plus, comme le dit Védrine, rattacher l’édification d’une Europe de la défense à l’OTAN actuel est un non sens majeur ! L’un exclut presque l’autre dans sa définition même de l’organisation des rapports de force.

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Sarkozy devrait donc laisser l’OTAN de côté pour l’instant. Aujourd’hui, la seule priorité de la France est une Europe de la Défense. Or pour qu’elle y entre, il faut qu’il y en ait une. Si on en veut une, il faut la faire bien : les fondamentaux étant une indépendance de toute tutelle américaine, donc une réforme de l’OTAN (visant, par exemple, à ne pas laisser se reproduire de possibles couacs polonais ou anglais en matière de politique étrangère).

Il faudrait plutôt que la France, si tel est vraiment son but, demande que l’OTAN se réforme de telle façon à ce qu’une Europe de la défense soit possible ; pour, seulement à ce moment-là, reconsidérer définitivement la place de la France dans l’OTAN.

ec02nato-copie-1.gifCar s’il faut ensuite entrer dans l’OTAN pour que l’Europe de la défense soit acceptée par les atlantistes, ce sera donc une OTAN réformée. L'entrée en son sein ne devant pas être une fin en soi, mais un moyen de mettre en gage sa fierté sur l’autel de l’affranchissement de l’Europe.

La diplomatie étant le négoce de l’Humanité, tout l’art consiste donc à ne pas encore mettre cette carte sur la table et la garder sous le manche.


Malheureusement, tout semble indiquer que Sarkozy, en s’empressant d’annoncer l’entrée imminente (vraisemblablement pour le deuxième trimestre 2008) de la France dans l’OTAN,  n’a ou rien d’un bon diplomate – car il brûle ses atouts... Ou rien d’un honnête européen! - au cas où son seul horizon serait l’OTAN, donc une politique résolument atlantiste ; une éventualité désastreuse, car castratrice pour une diplomatie française fondée sur le principe de non-alignement...

 

degaulek-copie-1.jpgpetit clin d'oeil avec un dessin de presse de l'époque où De Gaulle menait la vie dure à l'OTAN


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