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La Haye - verdict du TPIY dans le procès de l'ancien 1er ministre kosovar Ramush Haradinaj et de 2 anciens combattants de l'UÇK pour crimes de guerre et contre l'humanité

4 avril:
40ème anniversaire de la mort de Martin Luther King
Zagreb: visite en Croatie du président américain George W. Bush (jusqu'au 5)

5 avril:
Saint-Pétersbourg: sommet de l'opposition russe en vue de se coaliser
Tokyo: réunion des ministres de l'Environnement du G8 (jusqu'au 6)

6 avril:
Londres: manifestations prévues à l'occasion du passage de la flamme olympique- Sotchi
Russie: George W. Bush et Vladimir Poutine discutent du projet américain de défense anti-missile


9 avril: Elections légilatives en Corée du Sud
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de Chandrayaan-1, 1ère sonde spatiale indienne, vers la Lune, depuis le centre spatial de Satish Dhawan, (nord de Madras)

13 avril: Elections municipales et communales du Bénin

13 et 14 avril: Elections générales en Italie (Berlusconi vs. Veltroni)

15-20 avril
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Visite du pape Benoît XVI aux Etats-Unis, avec notamment un discours à la tribune des Nations unies et une visite de Ground Zero

20 avril: éléctions présidentielles et législatives au Paraguay
26 septembre 2009 6 26 /09 /septembre /2009 12:15

L’IRAN : un pays en sursis

 

 

Depuis les élections du 12 juin, le Monde entier a les yeux rivés sur la fissure creusée par un coup de force qui, craquelant du sommet jusqu’à la base le mur porteur des institutions de la république islamique d’Iran, a révélé le vide du pouvoir en place, mettant toute la société iranienne au pied de ce mur.

 


 

 

Un pays dans l’œil du cyclone occidental

 

L’Iran est un marronnier des chancelleries et autres départements d’Etat des puissances occidentales : usé jusqu’à la corde par leurs différentes guerres d’influences, ses régimes successifs ont été mis sur pied puis démis au gré des intérêts pétroliers britanniques puis américains ou français, quand ce n’était pas dans le sillage de jeux d’influences périphériques consécutifs à la seconde guerre mondiale ou à la guerre froide.

Ainsi, l’Iran a tour à tour été dirigé par un général devenu Shah par la grâce des britanniques, puis démis par les Alliés parce que trop pronazi au profit de son fils, avant d’être lâché lui-même par les américains lorsqu’il crut bon contester leur mainmise sur le pétrole iranien. Une révolution plus tard, alors que le Shah était déposé par son peuple, les Etats-Unis et la France ramenaient en grande pompe dans un Air France spécialement affrété l’Ayatollah Khomeyni - qui vivait jusqu’alors sa vie d’opposant au Shah en banlieue parisienne - afin de détourner le mouvement en cours de l’influence communiste au profit de celle, moins dangereuse, des religieux.

 

sur Mossadegh - http://www.monde-diplomatique.fr/mav/93/SALAMATIAN/15171Depuis, l’Iran - devenue République Islamique d’Iran - n’a eu de cesse de se positionner (de façon parfois spectaculaire) en opposant systématique des occidentaux. Ce qui lui vaudra d’ailleurs d’être isolé ; isolement tout relatif compte tenu du gouffre d’instabilité perpétuel qu’est le Proche/Moyen Orient...

 

Lame de fond redoutable, l’Iran gagne ainsi, depuis quelques années, du terrain dans un Irak en friche où les chiites - majoritaires - ont repris la main suite à la croisade américaine. Il noyaute en prime le Liban en chaperonnant le Hezbollah (chiite, lui aussi), donnant à ce dernier les moyens de rester cet Etat-bis plus stable et mieux armé capable de se rendre incontournable dans un pays en perpétuelle crise institutionnelle.

 

En parallèle, l’élection surprise d’Ahmadinejad en 2005 a précipité une surenchère de provocations systématiques envers l’Occident ; avec, en guise de tête de pont, une haine délirante d’Israël (usant au besoin du négationnisme de la Shoah) et, pour moteur, la revendication - ancienne, populaire et légitime aux yeux des iraniens - du droit au nucléaire civil. Voilà donc cette tête d’iceberg iranien qui, scrutée par le bout de la lorgnette occidentale et tenue en joug par Israël, a caricaturé l’image d’un pays en l’assimilant à un seul homme, hirsute, mal fagoté et vindicatif: Mahmoud Ahmadinejad.

 

12 juin 2009 : "Printemps de Téhéran" et/ou Coup d’Etat paramilitaire ?

 

Mahmoud Ahmadinejad est issu des Gardiens de la Révolution de l’Iran (GRI), un groupe paramilitaire qui, façonné par la guerre Iran-Irak et les campagnes de massacre d’opposants qui suivirent, deviendra par la suite le bras armé de l’aile droite du régime.

Pendant son premier mandat, il n’a eu de cesse de placer des hommes des GRI dans les arcanes du pouvoir, leur octroyant des postes politiques (ministres, gouverneurs, généraux, maires) ainsi que près de 10 milliards de dollars de contrats (pétroliers ou autres).

Le pouvoir, lui, a laissé faire, voyant en Ahmadinejad l’antidote du moment à toute reproduction d’une surprise des urnes du type de celle qui avait placé le réformateur Khatami à la présidence de 1997 à 2005. Le "pouvoir" n’étant autre que le Guide suprême Khamenei, arbitre et garant de la République islamique selon son principe fondateur, le velāyat-e faqih (tutelle juridique du religieux sur le politique). 

 

Venons-en à présent aux faits récents; en commençant par un constat : ce qui s’est passé le 12 juin 2009 et les jours qui suivirent est encore sujet à controverses. Gageons que le tamis de l’Histoire fera proprement son œuvre et arrêtons-nous sur ce qui a été démontré : suite à une campagne électorale étonnamment libre et bien relayée par les médias, les quatre candidats autorisés par le régime se soumettaient le 12 juin au verdict des urnes. Parmi eux, un ancien premier ministre conservateur retiré de la vie politique depuis 20 ans (qui avait en son temps initié le programme nucléaire et mené des campagnes d’assassinat d’opposants), Mir Hossein Moussavi, faisait figure d’opposant au président sortant, fédérant sous son panache vert la plupart des réformateurs et des pragmatiques/centristes du régime (dont le richissime Rafsandjani, ex-président de la république et affairiste notoire, opposant officieux de Khamenei, devenu second personnage de l’Etat en tant que président de l’Assemblée des Experts, organe de désignation du Guide suprême).

Le soir du 12 juin, Moussavi reçoit l’assurance – de fonctionnaires du ministère de l’intérieur qu’on a par la suite réduits au silence - qu’il a gagné les élections dès le premier tour. Il se fend alors d’une déclaration de circonstance, immédiatement contredite par voie officielle, qui annonce à la va-vite la victoire d’Ahmadinejad. Les résultats ont entretemps été grossièrement falsifiés (ceux communiqués étant mathématiquement impossibles) par les GRI.

Qui a gagné dans les urnes? Nul ne le sait vraiment. Mais la rue, bernée, gronde. Dans les villes, ce sont les jeunes, les classes aisées et les minorités qui formeront le gros des manifestations, monstres, rassemblés sous la couleur verte d’un Moussavi emporté presque malgré lui dans un mouvement qui le dépasse quelques peu. Ceux-là mêmes qui, par leur abstention, avaient laissé passer Ahmady en 2005. Rapidement réprimés, censurés, coupés du monde par les brouillages des portables, des chaînes satellitaires, d’internet, ils laissent des morts sur le pavé, sont arrêtés par cars entiers, et leur flot se tarit sous le goulot des GRI, à qui on a ordonné de faire régner l’ordre coûte que coûte.

 

Au sommet du pouvoir, c’est une autre lutte qui se joue. Khamenei, en disant implicitement qu’il soutenait le président sortant avant même le vote, a brisé son trône d’arbitre. Il récidive, invective les opposants, qualifie cyniquement la victoire obligatoire d’Ahmedinejad de « miracle ». Le Guide suprême n’en est alors plus un. La tête de l’Etat s’en trouve par conséquent discréditée. C’est un véritable Coup d’Etat interne qu’il vient d’autoriser, enlevant toute légitimité au verdict des urnes (quel qu’il soit). Et effaçant, dans les faits, le mot République  du fronton de la République islamique d’Iran.

 

Qui est gagnant ?

 

Sur le plan intérieur, chacun compte ses points. Les réformateurs se félicitent d’avoir ouvert une brèche. Moussavi s’accroche à son rôle d’opposant, rejoint bientôt par quelques grands Ayatollah opposés à Khamenei et soucieux de préserver le velāyat-e faqih (un de ses théoriciens, l’Ayatollah Montazeri, est de ceux-là). Rafsandjani, lui, est au cœur de la lutte du pouvoir ; et il joue gros face au Guide.

Khamenei, justement, croit sûrement avoir sauvé sa place en consolidant le pouvoir conservateur. On le sait malade : veut-il verrouiller le pouvoir en le donnant, au prix du discrédit de l’Etat de droit islamique, à la nouvelle droite d’Ahmadinejad?

Comment considère-t-il Ahmadinedjad : comme un pion ? ou comme un champion de sa cause ?

En tout cas, s’il y a bien une chose certaine, c’est bien la victoire d’Ahmadinejad : plus que jamais ostracisé, isolé, diabolisé, il peut enfin jouer pleinement le rôle du méchant antioccidental. Obama lui-même, qui n’a pas une seule fois soutenu expressément ses opposants de peur de nourrir la bête et de condamner les manifestants au traitement qu’on réserve aux traîtres vendus à l’occident, semble pour le moment impuissant : ses offres de négociations ne trouveront plus preneur !

Ahmadinejad est, de plus, soutenu par un pouvoir qu’il ne cautionne pas totalement. Il doit ainsi moins son ascension à Khamenei qu’à un autre religieux, l’Ayatollah Mesbah, son mentor. L’enchaînement des évènements récents donne en effet bizarrement raison à cet Ayatollah qui a coutume de dire que « peu importe ce que les gens pensent, ils sont ignorants » : rejetant toute élection, s’opposant au dogme constitutionnel du velāyat-e faqih et appelant de ses vœux un Guide suprême non pas élu, arbitre et garant, mais de droit divin et au pouvoir absolu.

 

Sur le plan extérieur, le seul grand gagnant est Israël. Un Iran présentable ne lui aurait pas servi autant que celui que lui offre Ahmadinejad. Or Israël (qui est de longue date une puissance nucléaire) a besoin de jouer des menaces extérieures pour attirer à ses côtés cet Occident qui l’a si généreusement armé. Et qui, échaudé par les massacres répétés de palestiniens et l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite, pourrait – au gré d’un infléchissement diplomatique initié par Obama – être moins conciliant à l’avenir.

Quant à l’Europe et aux Etats-Unis, dont les déchets diplomatiques irradient encore dans l’esprit des iraniens, ils se retrouvent – eux – pieds et poings liés par la méfiance physiologique qu’ils suscitent là-bas…

 

Un épisode en cours

 

Un constat, d’abord : le coup d’Etat des GRI au profit de leur champion a vidé, avec la bénédiction du Guide Suprême qui s’en trouve discrédité, la République islamique d’Iran de sa substance, reniant par là-même le célèbre précepte de Khomeiny qui disait que « la mesure [était] le vote du peuple ».

 

Le régime sonne dorénavant creux : il se sait en sursis. La brèche devra donc être :

- soit colmatée au plâtre d’une mollahcratie 

- soit détruite par un mouvement contestataire vertical comprenant des religieux dissidents, des politiques, des manifestants, des grévistes, etc.

- soit restaurée à l’état antérieur (au prix de l’amnésie de tout un peuple, ce qui nécessiterait une répression terrible –à la TienAnMen en guise de coup de massue)

 

 

Un scénario qui reste encore à écrire, certes, mais il y a fort à parier que - une fois n’est pas coutume - les seuls qui ne tiendront pas le stylo seront les iraniens eux-mêmes…

   

 

article publié dans le magazine Haïastan en juillet 2009

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