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AGENDA

AVRIL 2008

2 avril:
Philadelphie - discours de Barack Obama devant la puissante confédération AFL-CIO

2-3 avril:
Sommet de l'OTAN à Budapest, Roumanie, consacré notamment à l'Afghanistan, au Kosovo, aux relations avec la Russie, le projet américain de système anti-missile

3 avril:
La Haye - verdict du TPIY dans le procès de l'ancien 1er ministre kosovar Ramush Haradinaj et de 2 anciens combattants de l'UÇK pour crimes de guerre et contre l'humanité

4 avril:
40ème anniversaire de la mort de Martin Luther King
Zagreb: visite en Croatie du président américain George W. Bush (jusqu'au 5)

5 avril:
Saint-Pétersbourg: sommet de l'opposition russe en vue de se coaliser
Tokyo: réunion des ministres de l'Environnement du G8 (jusqu'au 6)

6 avril:
Londres: manifestations prévues à l'occasion du passage de la flamme olympique- Sotchi
Russie: George W. Bush et Vladimir Poutine discutent du projet américain de défense anti-missile


9 avril: Elections légilatives en Corée du Sud
Lancement
de Chandrayaan-1, 1ère sonde spatiale indienne, vers la Lune, depuis le centre spatial de Satish Dhawan, (nord de Madras)

13 avril: Elections municipales et communales du Bénin

13 et 14 avril: Elections générales en Italie (Berlusconi vs. Veltroni)

15-20 avril
:
Visite du pape Benoît XVI aux Etats-Unis, avec notamment un discours à la tribune des Nations unies et une visite de Ground Zero

20 avril: éléctions présidentielles et législatives au Paraguay
5 mai 2008 1 05 /05 /mai /2008 12:23

ECOLOGIE

enjeu D’AVENIR contre besoins IMMEDIATS



La mondialisation a l’effet d’un battement d’ailes de papillon : alors que dans les années 30 le crash boursier de New York se bornait à saigner à blanc la classe moyenne étasunienne, aujourd’hui la crise des subprimes – crise pourtant propre aux seuls américains - se répercute à Paris, Tokyo ou Londres par places boursières interposées (elles-mêmes dépassées par le maillage interpénétré des différents marchés parallèles).

Actuellement, un autre facteur important – car plus généralement partagé – a supplanté les soucis de "faim dans le monde" qui tenaient, au siècle dernier, la dragée haute au pied du mur des lamentations des médias : l’écologie, devenu un autre souci planétaire d'autant mieux repercuté qu'il participe aussi à la mondialisation.
Une préoccupation qui englobe certes la faim dans le monde, mais qui la noie dans un paquet de soucis subalternes ressentis d’autant plus fortement en occident que les ventres pleins, n’ayant pas le souci immédiat de l’estomac, ressentent celui de l’avenir  – mais aussi celui plus immédiat de l’air qu’ils respirent, de l’eau qu’ils boivent et de la qualité de remplissage de leur estomac (un ton au-dessus, donc, du vulgaire soucis de "faim dans le monde")…


 

L’exemple des OGM

 

Passons donc sur la denrière partie de la phrase précédente en parlant rapidement de l’épineux problème OGM ( un "problème" qui n'est - malheureusement? - ressenti comme tel que dans les seuls pays riches) : chacun aime à avoir un avis là-dessus, exprimer une méfiance, suggérer une menace… Et ce tout un chacun a bien évidemment raison !
"Les OGM, on ne sait pas ce que ce sera plus tard" : en plus de la qualité de l’alimentation (l’uniformisation des denrées), il y a bien sûr la question du bouleversement des équilibres (chaînes alimentaires, impact sur la biodiversité), etc.

Mais il y a aussi, dans un même temps, la promesse d’une disparition des insecticides, engrais, et autres menaces déjà bien éprouvées par la bonne vieille et cruelle agriculture intensive. Celle, aussi, d’une agriculture moins avide en eau, donc de denrées alimentaires plus facile d’accès par les populations que le climat affame; ainsi qu’une nappe phréatique préservée alors que l’eau douce a tendance à se raréfier dangereusement, devenant  parfois même un enjeu géostratégique – les sources contrôlées à coup de barrages en Chine (alors qu’ils alimentent l’Inde, le Bangladesh, etc.) ou en Turquie ( rationnant l’Irak ou la Syrie) par exemple.

 Cette différence de positionnement  vis à vis des OGM ajoute une fracture entre les pays riches, qui privilégient le principe de précaution et se tournent vers l’avenir, et les pays peuplés ou en voie de développement, qui privilégient  le principe de survie en nourrissent plus sans produire plus grâce aux OGM.
Avec, dans le rôle d’arbitre pyromane, les Etats-Unis, chez qui le principe du profit fait pour le moment largement office de politique générale.
 

Il y a là deux philosophies qui s’affrontent, mais qui vont devoir être amenées à être complémentaires. Sans le besoin de survivre, il n’y aurait pas de désir de progrès. Sans le besoin de résister et de subsister, il n’y aurait pas de désir écologique. D’où l’effort consenti par les pays concernés (dont ne font pas encore partie les Etats-Unis) de trouver des terrains de consensus (conférences de Kyoto, Bali, etc.) entre l’Urgence et l’urgence (reste à savoir lequel prend la majuscule).

 

Les OGM, donc : comment les gérer, se pourrait-il qu'un jour nous les considérions - sans risquer de nous tromper - comme des bienfaits du progrès scientifique? Le principe de précaution doit faire école chez nous, puisque nous n’avons pas le souci de la faim. Elle doit régir le monde des recherches (cultures expérimentales exclusivement hors-sols, notamment) et prendre le contrepied de la fuite en avant d'un progrès privatisé derrière lequel se cache l'idée du profit à la Monsanto.

Mais sans hypothéquer le progrès humain. Car les OGM pourraient dans un proche avenir devenir un progrès humain; que les marionnettes médiatiques locales à la José Bové le veuillent bien ou non.
Le seront-elles pour autant sans risques? Rien n’est moins sûr.


 

Biocarburants

affamer les Hommes pour sauver la Planète

 

 

Venons-en à présent à un problème écologique qui promet de devenir dans quelques années un dilemme bien plus problématique que les OGM : le biocarburant[1].

Son intérêt ? Remplacer le pétrole. Réduire ainsi l’effet de serre. Et offrir la possibilité d’une énergie renouvelable (terme un peu imprécis voire erroné dans ce cas-là).

La mode des biocarburants date déjà de quelques années : en France, moins de 2 % du carburant utilisé est issu des biocarburants, certains bus ne roulant d'ailleurs qu’avec ça (se souvenir du fameux bus au colza très bobo-compatible de Bayrou).
Certains pays en voie de développement avancé, et en premier lieu le
Brésil de Lula, en ont fait une matière première d’exportation importante pour leur économie et comptent sur le "pétrole vert" pour prospérer (au détriment notamment du poumon de la planète, la forêt amazonienne, plus que jamais sollicitée en tant que terre cultivables potentielle).
 

Cette mode a, pour ne rien gâcher, du bon politiquement parlant : pour un pays comme la  France, qui a largement été traumatisé par l’effondrement de son secteur agricole pendant les mutations post-révolution industrielle et qui tient à son agriculture comme à un totem économique (suranné), pouvoir réduire sa dépendance énergétique en remplaçant un peu du pétrole qu’il n’a pas par un ersatz de pétrole qu’il a tout en valorisant un secteur agricole sinistré sous couvert d’onction écologique: c’est tout bénéf !

Une France qui, complètement exaltée, avait dès lors promis de ramener la part d’agro dans son carburant à 7% en 2010, histoire d’aller même au-delà des exigences européennes - 10% pour 2020 (ce qui ne lui ressemble pourtant pas).

 

La réalité a depuis montré le bout de son nez sale. Et elle se résume en une phrase : dans l’absolu, il n’y a pas d’énergie renouvelable. Prendre l’estomac et les poumons de la planète - les réserves alimentaires que sont les terres cultivables du tiers-monde et les réserves en oxygène que sont les forêts - pour en faire des champs de "pétrole vert" n’est en effet pas sans conséquence

Lesquelles ?  Il y a moins de terres arables, donc moins de production alimentaire. L’offre diminuant (sans pour autant faire baisser les besoins– bien au contraire), les prix des denrées alimentaires flambent. En Malaisie, par exemple, la production de l’huile de palme a brutalement effacé des forêts jusque là préservées. Au Mexique, la tortilla est de plus en plus chère alors que le maïs est exporté à un bon prix vers les USA afin de produire de l’éthanol : de quoi réduire la dépendance énergétique des USA et augmenter les profits des producteurs mexicains en affamant le mexicain moyen dont l’aliment de base finit dans les 4x4 américains. Et cela se répercute aussi sur le prix de la viande, puisque les céréales sont l’aliment de base des bovins…

 

Ce qui nous amène à l’actualité de ces derniers mois (médiatiquement quelques peu occultés par d’autres marottes occidentales) : les émeutes de la faim – à Haïti, Sénégal, Egypte, Côte d’Ivoire, Cameroun, etc.
Des manifestations causées par la hausse des prix des denrées alimentaires; elles-mêmes consécutives en partie au développement des biocarburants.

 

Aujourd’hui, donc, deux logiques s’affrontent. Les pays producteurs de biocarburant, avec à leur tête le Brésil, veulent continuer sur leur lancée, augmenter leur production et prospérer. De plus en plus de pays veulent d’ailleurs se joindre à eux – le dernier en date, le Ghana, a fièrement sauté le pas la semaine dernière. Derrière eux, il y a bien sûr les pays riches, qui espèrent bien profiter de l’extension du marché de l’énergie histoire d’être moins tributaires des pays de l’OPEP.

En face, enfin, il y a les pays du tiers-monde, qui vont payer le prix humain de la bonne conscience courte sur pattes des occidentaux en matière d’écologie…

 

La France, elle, commence timidement à réagir : le Grenelle de l’environnement a demandé un audit sur les biocarburants, douchant d’un coup la stratégie violemment incitatrice de la France : les estimations françaises prévoyaient, pour l’objectif des 7% de bio dans nos moteurs horizon 2010, l’utilisation de 302 millions d’hectares de plus (en jachère actuellement) et l’ouverture de 10 usines.  Le mois dernier, illustrant le violent volte-face français, Borloo a finalement annoncé une pause sur le développement programmé des biocarburants.

 

Malheureusement, ceux-ci sont devenus la manière la plus déculpabilisante et la plus simple, pour les pays comme le Canada ou les Etats-Unis, de diminuer leur taux d’émission de gaz à effet de serre [cf. photo illustrant le bioéthanol trouvée sur le site de Total]. Un paradoxe écologique d’un cynisme patenté qui les amène au mieux à réguler les conséquences écologiques du biocarburant sur leur territoire national sans regarder au désastre qu’ils occasionnent chez des producteurs étrangers largement sollicités.

 

Reste la nécessité de continuer les recherches sur le biocarburant, avec l’espoir que la troisième génération, basée sur les phytoplanctons et autres algues, soit plus sécure écologiquement parlant. Et en responsabilisant les pays riches (et pauvres, dans la mesure du possible) afin qu’ils ne tentent non pas de chercher des passe-droits et autres solutions de rechanges, mais repensent radicalement le mode de vie de leurs consommateurs de (bio)masse.



[1] Le biocarburant est produit à partir de matériaux organiques renouvelables et non-fossiles. Cette production peut se faire à partir d’un ensemble de techniques variées : production d’huile, d’alcool par fermentation alcoolique de sucres ou d’amidon hydrolysé, mais surtout des carburants gazeux obtenus à partir de biomasse végétale - ou animale (dihydrogène ou méthane), ou carburants solides comme le charbon de bois

 

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